CARMF · Arrêt de travail · Invalidité

Prévoyance allergologue : l'écart à combler

Contrairement à ce qu'on lit souvent, un médecin libéral qui s'arrête n'est pas sans rien pendant trois mois : l'Assurance maladie l'indemnise du 4e au 90e jour depuis le 1er juillet 2021, la CARMF prend le relais au 91e. Le problème n'est pas un vide, c'est un plafond — et, en allergologie, un cabinet qui ne se remplace pas.

Montants CARMF 2026 vérifiés — devis gratuit et sans engagement

Prévoyance allergologue
à partir du 91e jour
CARMF
IJ de l'Assurance maladie (PAMC)
4e au 90e jour
IJ CARMF par jour en 2026
65,84 à 197,51 €
durée maximale des IJ CARMF
36 mois

Ce que versent réellement les régimes obligatoires

Deux étages se succèdent. Aucun des deux n'est un trou — mais aucun des deux ne remplace un revenu de praticien.

Réponse directe

Non, il n'y a pas de « trou de 90 jours »

C'est une idée reçue tenace, qui datait d'avant 2021. Depuis le 1er juillet 2021 (décret n° 2021-755 du 12 juin 2021), les praticiens et auxiliaires médicaux conventionnés — régime PAMC — perçoivent des indemnités journalières de l'Assurance maladie du 4e au 90e jour d'arrêt, soit 87 jours au maximum, après trois jours de carence et sous réserve d'un an d'affiliation. La CARMF prend le relais au 91e jour. Le vrai sujet n'est donc pas l'absence de couverture : c'est son niveau.

Un arrêt de travail, jour par jour
  1. Carence Jours 1 à 3

    Délai de carence : aucune indemnisation

  2. 87 j max Jours 4 à 90

    Indemnités journalières de l'Assurance maladie (régime PAMC), plafonnées, sous réserve d'un an d'affiliation

  3. CARMF À partir du 91e jour

    Indemnités journalières CARMF, de 65,84 à 197,51 €/jour en 2026 selon le revenu

  4. 3 ans Au-delà de 36 mois

    Fin des IJ CARMF, examen au titre de l'invalidité permanente

Étage 1 — Assurance maladie
Du 4e au 90e jour d'arrêt, 87 jours au maximum, régime PAMC. Trois jours de carence, un an d'affiliation exigé. Montant plafonné.
Étage 2 — CARMF
À partir du 91e jour d'arrêt total d'activité, sous réserve d'avoir déclaré la cessation dans les deux mois et d'être à jour de cotisations.
Montant CARMF 2026 (moins de 62 ans)
65,84 €/jour pour un revenu inférieur ou égal à 48 060 € ; 1/730e du revenu net 2024 entre 48 060 et 144 179 € ; 197,51 €/jour au-delà de 144 180 €.
Durée maximale CARMF
36 mois, continus ou discontinus. Une dégressivité s'applique entre 62 et 69 ans : taux plein la première année, 75 % la deuxième, 50 % la troisième.
Au-delà de 3 ans
Bascule vers le régime d'invalidité permanente, sous condition d'inaptitude reconnue.

Le barème CARMF a changé de nature au 1er janvier 2025 : les anciennes classes de cotisation A, B et C ont été abrogées au profit d'un calcul proportionnel au revenu, encadré par un plancher et un plafond. Les descriptions en classes que l'on trouve encore en ligne sont périmées — c'est l'erreur la plus fréquente des comparateurs.

Le plafond se lit simplement : 197,51 € par jour est le maximum absolu en 2026, atteint seulement au-delà de 144 180 € de revenu net. Au-dessus de ce seuil, chaque euro de revenu supplémentaire n'ajoute rien à l'indemnité.

Observation

Un point que ni l'Assurance maladie ni la CARMF ne formulent, mais qui saute aux yeux en comparant leurs barèmes 2026 : ils sont désormais identiques. Même formule du 1/730e du revenu, mêmes bornes — un plafond annuel de la sécurité sociale (48 060 €) et trois plafonds (144 180 €) —, même montant maximal de 197,51 € par jour. Concrètement, le montant journalier ne change pas au passage du 90e au 91e jour. Ce qui change, c'est l'organisme payeur et les formalités. L'idée d'une rupture d'indemnisation au bout de trois mois n'a donc plus de fondement — mais le plafond, lui, reste le même du premier au 1 095e jour.

L'écart que la prévoyance individuelle doit combler

Il ne s'agit pas seulement d'un revenu qui s'arrête. Un cabinet continue de coûter pendant l'arrêt — et en allergologie, il ne se remplace pas facilement.

Ce que les régimes obligatoires couvrent
  • Une part du revenu du 4e au 90e jour (Assurance maladie, régime PAMC, plafonnée)
  • Des indemnités journalières CARMF à partir du 91e jour, 36 mois au maximum
  • Une rente d'invalidité en cas d'inaptitude totale et définitive reconnue
  • Un capital décès et des rentes au conjoint et aux enfants
Ce qui reste à votre charge
  • L'écart entre l'indemnité plafonnée et votre revenu réel
  • Les frais fixes du cabinet : loyer, secrétariat, logiciel métier, cotisations, emprunt professionnel
  • L'invalidité PARTIELLE — la CARMF n'ouvre droit qu'à l'invalidité totale et définitive
  • La perte de patientèle qu'un arrêt long entraîne, dans une spécialité où les délais de rendez-vous sont déjà longs
Le point propre à l'allergologie : un cabinet qui ne se remplace pas

Le Conseil national professionnel d'allergologie décrit une démographie très tendue : « l'explosion de la fréquence des maladies allergiques se heurte au déficit de la démographie médicale en allergologues », avec une population de praticiens vieillissante et l'existence de zones blanches déjà relevées par la cartographie de l'offre de soins de 2020. C'est ce qui a motivé le plan quinquennal de lutte contre les allergies 2022-2027 de la Fédération française d'allergologie.

La conséquence, en prévoyance, est très concrète : trouver un remplaçant qualifié en allergologie sur un territoire donné n'a rien d'automatique. Un arrêt de plusieurs mois signifie donc, le plus souvent, un cabinet à l'arrêt — avec des charges fixes qui, elles, continuent de courir. C'est exactement l'objet d'une garantie « frais professionnels », qu'aucun régime obligatoire ne couvre.

La CARMF ne connaît pas l'invalidité partielle

C'est une limite structurelle du régime, et elle est rarement dite : l'invalidité CARMF suppose une inaptitude totale et définitive à l'exercice de la médecine. Une atteinte qui vous permettrait de tenir deux demi-journées de consultation sur cinq, mais plus davantage, ne relève pas de ce régime. Elle relève exclusivement d'un contrat de prévoyance individuel — et seulement s'il prévoit une garantie d'invalidité partielle, calculée sur un barème professionnel.

Les clauses qui décident de ce que vous toucherez

CritèreCe qu'il faut regarderPourquoi c'est décisif ici
Franchise15, 30, 60 ou 90 joursElle détermine le point de raccordement avec les IJ de l'Assurance maladie, puis avec la CARMF au 91e jour
Barème d'invaliditéFonctionnel ou professionnelLe barème professionnel évalue la perte au regard de VOTRE exercice réel, pas d'une capacité générale
Invalidité partielleSeuil de déclenchement et mode de calcul de la renteLa CARMF ne verse qu'en cas d'inaptitude totale : c'est votre contrat, ou rien
Frais professionnelsGarantie distincte des indemnités journalièresElle prend en charge les charges fixes du cabinet pendant l'arrêt, indépendamment du revenu — le point clé quand le remplacement est difficile
Affections psychiques et dorsalesExclusion, condition d'hospitalisation, ou couverture pleineCe sont les clauses restrictives les plus courantes du marché
RevalorisationIndexation des prestations en cours de serviceSur une invalidité longue, l'absence d'indexation érode fortement la rente

Points à faire figurer explicitement dans la proposition, avant de comparer les cotisations.

Barème fonctionnel ou barème professionnel

C'est le critère le plus important et le plus discret d'un contrat de prévoyance. Un barème fonctionnel mesure l'atteinte dans l'absolu, quel que soit le métier. Un barème professionnel mesure la perte de capacité à exercer votre métier. Pour un allergologue, dont l'activité repose sur des consultations longues, une lecture fine des tests et une disponibilité soutenue, une atteinte cotée modérée en fonctionnel peut supprimer une part majeure de l'activité réelle.

Madelin : une partie du coût revient en économie d’impôt

Les cotisations de prévoyance souscrites dans le cadre de la loi Madelin sont déductibles du revenu professionnel imposable, dans les limites fixées par le code général des impôts. Pour un praticien fortement imposé, le coût net d'un contrat est nettement inférieur à la cotisation affichée — un paramètre à intégrer avant d'arbitrer sur la franchise ou le niveau de garantie. Les praticiens relevant du micro-BNC ne peuvent pas déduire.

Questions fréquentes

Questions fréquentes sur la prévoyance de l'allergologue

Y a-t-il un trou de 90 jours avant la CARMF ?
Non, plus depuis le 1er juillet 2021. Le décret n° 2021-755 du 12 juin 2021 a ouvert aux praticiens conventionnés (régime PAMC) des indemnités journalières de l'Assurance maladie du 4e au 90e jour d'arrêt, soit 87 jours au maximum, après trois jours de carence et sous réserve d'un an d'affiliation. La CARMF prend le relais au 91e jour. Le problème n'est pas un vide de couverture, mais le niveau plafonné des deux étages.
Combien verse la CARMF par jour en 2026 ?
Pour un médecin de moins de 62 ans : 65,84 € par jour pour un revenu inférieur ou égal à 48 060 €, un montant égal au 1/730e du revenu net 2024 entre 48 060 et 144 179 €, et 197,51 € par jour au-delà de 144 180 €. Les indemnités sont réduites à partir de 62 ans.
Les classes A, B et C existent-elles encore ?
Non. Elles ont été abrogées au 1er janvier 2025, remplacées par un barème proportionnel au revenu, encadré par un plancher et un plafond. Toute description en classes que vous lirez ailleurs est périmée.
Combien de temps la CARMF indemnise-t-elle ?
36 mois au maximum, continus ou discontinus. Entre 62 et 69 ans, une dégressivité s'applique : taux plein la première année, 75 % la deuxième, 50 % la troisième. Au-delà de 36 mois, la situation est examinée au titre de l'invalidité permanente.
La CARMF couvre-t-elle une invalidité partielle ?
Non. Le régime invalidité de la CARMF suppose une inaptitude totale et définitive à l'exercice de la médecine. Une capacité résiduelle — tenir quelques demi-journées de consultation, mais plus une activité complète — n'ouvre aucun droit. Seul un contrat de prévoyance individuel prévoyant une garantie d'invalidité partielle, calculée sur un barème professionnel, répond à cette situation.
Pourquoi la garantie frais professionnels compte-t-elle particulièrement en allergologie ?
Parce que le remplacement est difficile. Le Conseil national professionnel d'allergologie décrit un déficit de démographie médicale en allergologues, une population de praticiens vieillissante et des zones blanches sur le territoire. Un arrêt prolongé se traduit donc le plus souvent par un cabinet à l'arrêt, alors que le loyer, le secrétariat, le logiciel métier et l'emprunt professionnel continuent de courir. Aucun régime obligatoire ne les couvre.
Les cotisations sont-elles déductibles ?
Oui, dans le cadre de la loi Madelin, pour les travailleurs non salariés imposés au réel et dans les limites prévues par le code général des impôts. Les praticiens au régime micro-BNC ne peuvent pas déduire.
Pour aller plus loin

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